allaitement des nouveaux nes

L’allaitement  et  le  sevrage  sont  2  périodes critiques  dans  la  vie  du  jeune  car  elles  sont l’occasion  de  pertes  importantes.  Les  3  à  5 premiers  jours  de  vie  constituent  la  période au cours de laquelle le taux de mortalité est le plus important (de 12 à 36%).

L’allaitement : une étape primordiale pour les nouveau-nés

Le  plus  important  pour  le  nouveau-né  est d’absorber  du  colostrum  précocement  et en  quantité  suffi sante  pour  lui  apporter une  immunité  passive.  Le  lait  est  le  seul apport  nutritif  et  hydrique  pour  le  nouveau-né.  Son  absence  induit  très  rapidement une  déshydratation  et  des  troubles  cardio-vasculaires parfois fatals. L’allaitement  et  le  sevrage  sont  2  périodes critiques  dans  la  vie  du  jeune  car  elles  sont l’occasion  de  pertes  importantes.  Les  3  à  5 premiers  jours  de  vie  constituent  la  période au cours de laquelle le taux de mortalité est le plus important (de 12 à 36%). 
Ces  2  phases  conditionnent  également le  développement  ultérieur  du  jeune,  sa résistance  aux  infections  et  son  équilibre psychique futur. L’alimentation du nouveau-né avant le sevrage est idéalement assurée par le lait maternel et les  besoins  nutritionnels  sont  normalement couverts.  Par  contre,  il  y  a  de  nombreuses raisons  qui  nécessitent  un  recours  à  un  lait maternisé : lait maternel de mauvaise qualité, fratrie trop importante, pathologie(s) ou décès de la mère.

Le colostrum : pourquoi ?

Le  colostrum  est  riche  en  immunoglobulines  qui  ne  peuvent franchir la barrière digestive du nouveau-né qu’au cours des 24 – 36 premières heures de vie, ce qui lui assure sa défense anti-infectieuse néo-natale.


Comment faire quand il n’y en a pas ?  


À  la  naissance,  les  nouveau-nés  bénéfi cient  d’une  protection humorale  grâce  au  transfert  placentaire  d’immunoglobulines qui a lieu pendant la gestation. N’ayant pas la protection la plus optimale,  il  faudra  donc  appliquer  des  normes  d’hygiène  dans l’alimentation et l’environnement.  


Faut-il distribuer un colostrum de substitution ? 


Même s’il est possible de collecter du colostrum chez une chienne ayant mis bas récemment, cette pratique est surtout à la portée d’éleveurs professionnels. Il est également possible d’administrer au nouveau-né du plasma sanguin prélevé sur la mère. En revanche le colostrum bovin, s’il est facilement disponible, ne fournira que 
de l’énergie car les immunoglobulines sont spécifi ques à l’espèce. 
Chez  la  chatte,  la  présence  d’immunoglobulines  dans  le  lait pendant toute la période d’allaitement permet plus facilement de recourir à des mères adoptives.

À défaut de lait maternel, un lait maternisé qui s’en rapproche

Le lait distribué doit lui permettre d’acquérir cette croissance. Il doit avant tout : 
• Respecter la physiologie digestive du nourrisson 
•  Se rapprocher au mieux, dans sa composition nutritionnelle, du lait maternel
•  Être distribué dans un environnement qui devra reprendre le plus possible celui de la mère : chaleur, hygiène, soins…
Le nouveau-né a une croissance très rapide. 
Il double son poids en 8 jours, le triple à 3 semaines et le quintuple à 1 mois.
Sa croissance est cependant dépendante du format adulte et de la race.

Pour une bonne croissance, le lait doit  :

Avec des caractéristiques précises

Être énergétique :
•  Apporter suffisamment de matières grasses (MG) et de protéines brutes (PB), avec un rapport MG/PB qui doit être au plus proche de celui du lait de la chatte et de la chienne.

 Être digestible : 
•  Les teneurs en glucides, et en particulier en lactose, doivent être réduites. De plus, la présence d’amidon doit être évitée pour s’adapter au système digestif fragile du chaton et du chiot et ainsi assurer une bonne tolérance digestive. En effet, les très jeunes animaux ne synthétisent pas assez d’amylase pour digérer l’amidon.

Être  riche  en  matière  minérale  pour  permettre une croissance optimale.

Apporter les nutriments nécessaires pour un bon développement de l’animal : 
•  Enrichi en DHA (acide docosahexaénoïque) : l’acide gras oméga 3 le plus présent au niveau du cerveau et  de  la  rétine.  Il  est  essentiel  dans  l’acquisition de la vision chez les jeunes. Le DHA est un acide gras essentiel pour le chat qui n’a pas la capacité de le synthétiser. Une carence de cet AG nuit au développement  des  fonctions  visuelles  et  cognitives chez le jeune. 
•  Un  rapport  omega  6  /  omega  3  compris  entre  4 et  5  est  nécessaire  pour  éviter  une  compétition d’absorption lors du passage de la barrière intestinale.
•  Enrichi en taurine, acide aminé très présent dans le lait de chienne et de chatte. Le chaton n’étant pas capable de synthétiser la taurine, il est important d’en apporter dès les 1 ers  jours car un déficit a un impact négatif sur l’intégrité de la rétine.

Quelques règles de distribution 

Le  rythme  de  distribution  choisi  doit  respecter  la  physiologie  de l’animal  et  la  disponibilité  du  propriétaire.  L’idéal  est  que  le  petit consomme spontanément une quantité de lait égale à tous les repas à l’exception du 1 er  repas du matin qui est plus important.
Jusqu’à  3  semaines,  la  distribution  doit  se  faire  au  biberon.  Si  le nouveau-né  n’a  pas  le  réflexe  de  succion,  on  peut  avoir  recours  à une sonde naso-œsophagienne et administrer le lait lentement. Le matériel utilisé doit être maintenu dans un parfait état de propreté.
Lors du biberonnage, ne pas mettre la tête en extension, adapter la taille de la tétine et le débit à l’animal. Laisser les antérieurs en appui pour pouvoir pétrir. 

Pour les nourrissons ayant un bon réflexe de succion mais une difficulté à prendre la tétine, il est possible de l’allaiter à l’aide d’une éponge  :
•  Couper un petit morceau d’éponge en biseau adapté à la taille de la gueule
•  Injecter le lait dans l’éponge à l’aide d’une seringue
•  Laisser le petit téter sur la partie biseautée

Lors de l’alimentation à l’éponge, laisser les antérieurs en appui pour pouvoir pétrir pendant la succion.


Le  lait  maternisé  doit  être  préparé  chaque  jour  en  respectant  les consignes  de  préparation  et  homogénéisé.  Il  doit  être  réchauffé  à 37,8°C pour les chatons et entre 30 et 35°C pour les chiots (1) . Vers 2,5 à 3 semaines, le petit pourra laper le lait dans une soucoupe dans lequel on ajoutera progressivement l’aliment de sevrage.

Un nursing attentif

Pour les animaux ne recevant aucun soin maternel, un nursing attentif est primordial  : veiller à l’état de  propreté  corporelle  du  petit,  reproduire  le léchage de la mère. Masser le périnée à l’aide d’un coton imbibé d’eau tiède afin de déclencher les réflexes de miction et de défécation. 
Pour  s’assurer  de  la  bonne  croissance  du nouveau-né,  il  est  recommandé  de  peser  quotidiennement l’animal, si possible à heure fixe. Une perte  de  poids  sur  24  à  48h  ou  une  non  prise  de poids sur 2 à 3 jours doit alerter le propriétaire et une consultation chez le vétérinaire est obligatoire.

Surveiller la température


Un  maintien  de  la  température  corporelle adéquate  est  vital,  car  les  réflexes  thermorégulateurs  (vasoconstriction  et  frissons)  ne  sont pas fonctionnels à la naissance. La température corporelle  d’un  chiot  doit  être  de  35  à  36°C  la première semaine, et de 37 à 38°C les deuxième et troisième semaines de vie. Des températures ambiantes  inférieures  à  27°C  provoquent  une hypothermie, tandis que les températures dépassant  33°C,  ainsi  que  des  niveaux  élevés  d’humidité (85-90%), prédisposent aux problèmes respiratoires. Il faut veiller à ce que le nouveau-né ne soit pas en courant d’air. 
L’allaitement aide un chiot à conserver sa température car le lait de la mère est de 3 à 4°C au-dessus de  sa  température  corporelle.  Si  la  chienne n’arrive  pas  à  garder la  portée  au  chaud,  il  faut vérifier  la  température  rectale  de  chaque  chiot au moins une fois par jour et fournir une source de chaleur externe, soit par lampes chauffantes (20-40W),  soit  avec  des  appareils  tels  que  des bouillotes ou des matelas chauffants.

La température  ambiante  doit  être  surveillée  pour  éviter chaleur  excessive,  brûlure  et  déshydratation. 
L’hypothermie affecte négativement l’immunité, la digestion et les soins maternels. 
Si la température est trop basse, le chiot perd le  réflexe  de  succion,  entraînant  une  faiblesse due  à  la  réduction  de  l’apport  énergétique.  Un chiot  en  hypothermie  doit  être  réchauffé  lentement  pour  éviter  la  vasodilatation  périphérique et  l’hypoxie  des  organes  vitaux.  Cela  devra  être accompagné  par  de  la  fluidothérapie  si  nécessaire. Le nourrissage ne doit être démarré qu’une fois la normothermie atteinte.

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